La réussite du Mali à la CAN 2012 peut-elle inciter le pays à mettre fin à la guerre civile ?
C’est le souhait de Seydou Keita, capitaine de la sélection malienne. Après avoir décroché sa qualification pour les demi-finales, le milieu du FC Barcelone n’a pas laissé exploser sa joie, pensant aux heures difficiles traversées par ses compatriotes.
« On devrait être contents mais on est tristes par rapport à tout ce qui se passe au Mali. (…) Ce sont des moments très difficiles. Je ne dis pas ça seulement pour les joueurs mais pour tout le peuple malien. Tout ça n’est pas normal. Le président fait le maximum, mais on veut qu’il fasse encore plus. Qu’on soit du Nord, du Sud, de l’Ouest, c’est pareil : on est tous maliens, il n’y a pas de différences », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre.
Depuis janvier, le gouvernement national doit faire face à une offensive lancée par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et d’autres rebelles touareg dans le nord du pays.
Outre les dizaines de victimes que l’on compte dans les deux camps, ces violences ont provoqué l’exode de milliers de personnes, qui ont trouvé refuge dans des campements au Mali, mais aussi au Niger et en Mauritanie.
Keita n’est pas le premier joueur africain à profiter de son aura médiatique pour prendre position dans le débat politique. En 2010, Didier Drogba s’était également prononcé pour la paix en Côte d’Ivoire alors que le pays était déchiré par une grave crise politique.


