Après sa première Coupe du monde, à l’heure où certains dirigeants algériens se félicitaient du retour des Fennecs au devant de la scène foot, Ryad Boudebouz avait les boules. A 20 ans, le milieu sochalien aurait pu se contenter de son rôle de doublure au sein de la sélection algérienne. Mais l’ambitieux M. Boudebouz voulait plus. Et il n’aurait que moyennement apprécié son séjour sur le banc lors du dernier match décisif contre les Etats-Unis.
C’est du moins ce qu’aurait confié le joueur dans entretien pour L’Alsace : « Au lieu de me faire entrer en jeu, alors que le score était toujours 0-0 et qu’on devait absolument gagner pour se qualifier, il [Rabah Saâdane] fait entrer un milieu défensif. J’étais dégoûté, surtout qu’au final, on a quand même perdu 1-0″.
Si ces propos seront ensuite démentis, ils n’en illustrent pas moins l’énorme appétit du jeune M. Boudebouz. Il faut dire que le Fennec qui a grandi dans le quartier de l’Europe, à Colmar, a connu une progression très rapide depuis son éclosion.
Repéré à 12 ans par Eugène Battmann, le jeune Ryad surprend déjà par sa conduite de balle. Il rejoint alors le centre de formation de Sochaux où sa facilité technique continue d’étonner ses formateurs. Sa notoriété devient même internationale et, à 16 ans, un recruteur de Manchester United traverse la Manche pour lui offrir un contrat de quatre ans. Le rêve anglais s’offre à M. Boudebouz.
Mais là où de jeunes pousses auraient cédé aux sirènes d’Old Trafford, le fils d’ouvrier garde les pieds sur terre. « J’ai préféré rester. Je me suis plutôt servi de cet intérêt pour qu’on me signe un contrat pro à Sochaux », a-t-il confié à France Football. Le club doubiste n’ignore pas cette sage décision et, en retour, il donne du temps de jeu à son protégé.
Ryad rafle ainsi la Coupe Gambardella avec les Lionceaux sochaliens en 2007, signe son premier contrat pro à l’été 2008 et fait ses débuts en L1 dans la foulée, le 4 octobre 2008 face à Nice. Un mois plus tard, il marque son premier but contre Le Mans. Tout va toujours très vite avec M. Boudebouz.
Pendant deux ans, il prend toutefois le temps de peaufiner ses gammes et intègre progressivement le onze type de Francis Gillot. L’artiste n’oublie pas de ponctuellement d’exposer son talent. A l’image de ce quart de finale de Coupe de France, en mars 2010 face à l’ASM, où il marque du rond central en lobant Stéphane Ruffier.
Ses prestations ne laissent pas la sélection algérienne, qui se met en alors en branle pour récupérer le technicien. Pas question de louper un possible Zidane. Mais Ryad hésite. Les Verts lui ouvrent leurs portes mais les Bleus ne lui ont pas fermé pas la leur. Il se décide finalement début 2010 et se déclare prêt à disputer le Mondial avec l’équipe nationale d’Algérie.
En club, même dilemme. Après deux saisons avec Sochaux, le milieu est désormais convoité par plusieurs écuries. « Il y a eu un grand intérêt de la part de Palerme mais également du Paris Saint-Germain et de l’Olympique de Marseille », a-t-il déclaré dans France Soir. Malgré l’intérêt qu’il suscite, Ryad n’a pas prévu de quitter le Doubs cette année. En revanche, il a déjà annoncé qu’il « pense partir la saison prochaine ». Personne ne peut arrêter l’ascension de M. Boudebouz.
Photo : Menosultra/Flickr



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