Pour le petit frère Touré, Manchester City a mis le paquet en juillet dernier.
32 millions d’euros de transfert auxquels s’ajoute un contrat plaqué or : près de 230.000 euros par semaine, soit 900.000 euros brut par mois. Suffisant pour faire de Yaya Touré le nouveau golden boy de la Premier League.
Autant dire que les attentes reposant sur le milieu ivoirien étaient lourdes en ce début de saison. Mais les Citizens peuvent se rassurer : pour une fois, l’affaire n’était pas en bois. Depuis l’arrivée du second frère Touré chez les Mancuniens, Roberto Mancini a équilibré son entrejeu et donné du relief à son attelage de stars. Bref, City est devenue une véritable équipe. Ou presque.
Et l’Eléphant n’y est pas pour rien. Aux côtés de Nigel de Jong et Gareth Barry, l’ancien Monégasque forment l’une des meilleurs lignes médianes d’Angleterre. Toujours aussi puissant et athlétique, Touré n’est pas qu’un simple n°6 puisque sa vision de jeu et sa qualité de passe en font également une excellente rampe de lancement pour la fusée argentine Tevez.
Résultat : Manchester City est aujourd’hui quatrième de Premier League, et s’est installé dans le Big Four à place d’un Liverpool qui gère difficilement sa période post-Benitez.
Finalement, la progression du club anglais est à l’image de son nouveau relayeur. Plutôt inattendue. Si le grand frère Kolo Touré avait rapidement connu l’élite, en ralliant Arsenal dès 2009, les débuts du cadet ont été plus difficiles.
Après sa formation à l’ASEC Abidjan, poursuivi par un stage à Beveren, Yaya s’exile en Ukraine, au Metalurg Donetsk. Une destination exotique pour une saison pleine : l’Ivoirien y joue 33 matches avant de rejoindre, en 2005, la Grèce, son port, le Pirée, et son club, l’Olympiakos.
Une escale pour le joueur qui profite de la Champion’s League pour se faire repérer par des clubs plus huppés. La suite est connue : l’ASM puis le FC Barcelone. C’est là , au bord de la mer Méditerranée, que le milieu se révèle au grand public.
Pendant trois saisons,  il s’impose comme le chaînon manquant des Blaugranas, au jeu déséquilibré par une attaque ultra-offensive. Yaya réalise notamment une année 2008-2009 monstrueuse, conclue par un triplé historique (C1, Liga, Coupe) et un but splendide en finale de la Coupe du Roi, face à l’Athletic Bilbao.
Figurant parmi les 30 candidats au Ballon d’Or 2009, Touré est alors au sommet. Pourtant, la saison suivante, Pep Guardiola ose remettre en cause sa place dans le onze barcelonais. Mis en concurrence avec le Malien Seydou Keïta et Sergio Busquets, l’Ivoirien ne se sent plus en odeur de sainteté.
Son agent, Dimitri Seluk, saute alors sur l’occasion pour le persuader de faire ses bagages. Touré se laisse convaincre et Guardiola accepte de céder son joueur. Une erreur que ne lui ont jamais pardonnée les socios. Dans les travées du Camp Nou, il se dira toujours que le coach catalan a commis deux énormes boulettes dans sa courte carrière : Eto’o et Yaya.
Photo : mcfc.co.uk


